Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 13:53
Truc de fille fait un peu à l'arrache...



Un ptit clic !
Par Ylee - Publié dans : bidules en images
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Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /Avr /2009 13:17
Ok on arrête de faire n'importe quoi, les petits dessins et les reviews de bouquins de SF c'est bien beau mes amis, mais là, l'heure est grave.
Si vous n'avez pas passé les dernières semaines dans une grotte en haut de l'everest à bouffer les restes de vos amis alpinistes avec votre copain le yéti (oh partez pas, j'ai bien droit à un peu d'humoir noir de temps en temps) , alors il est fort probable que vous ayez vu passer sur le net une charmante bestiole sortie tout droit du livre d'invocation de notre non moins charmante ministre de la culture, Mme Christine Albanel ; j'ai nommé, le projet de loi Hadopi. Et là, c'est toute ma petite âme de geekette qui s'insurge. Non mais.

Kescecé ça ?


Comme je suis une gentille fille, je vais essayer d'expliquer pour les deux qui reviennent de l'Everest, mais sache, ami presque congelé, que y'a plein d'autres gens sur le net qui expliquent mieux que moi.
Donc, Hadopi, nom qui sonne comme un pokemon pour fille mis à part, c'est d'abord un projet de loi qui a commencé à faire parler de lui vers octobre 2008, et qui propose entre autre la création d'une autorité administrative indépendante (c'est-à-dire un bureau dont les décisions ne sont pas dictées par le gouvernement, un espèce de CSA de l'internet, suivez un peu bande de n00bs faut prendre des cours de droit !) dont le principal but est de contrer le téléchargement illégal. La Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet, que ça s'appelle. HA-DO-PI, ou presque, oui je sais le type qui a fait le sigle il était dislexique, il a oublié "Droits", pépère. Et cet oubli malencontreux aurait du nous mettre sur la voie ; parce  qu'en vérité, question droits, c'est pas franchement ça, Hadopi.
Car le projet de loi prévoit aussi la mise en place de sanctions contre les internautes suspectés de téléchargement illégal, en utilisant le système de la "réponse graduée". En gros, on recevrait d'abord un mail d'avertissement, puis une lettre recommandée, et en définitive, l'accès à internet serait purement et simplement coupé. Pour ce faire, les fournisseurs d'accès seraient autorisés à faire des rapprochements entre les adresses IP et l'identité de leurs clients, voire leurs données personnelles, pour les transmettre ensuite à la Haute Autorité.
Ces prises de sanctions interviendraient sans passer par un juge ; pire encore, il serait impossible de contester la décision avant que la sanction soit effective.
Bon, j'arrête avant de devenir vraiment saoulante, mais ce qu'il faut savoir, c'est que cette loi ressemble beaucoup à une tentative de surveillance et de limitation des échanges sur le net (et pourtant jsuis pas franchement une fan de la théorie du complot, sachez-le), piétine au passage un sacré paquet de droit parfois constitutionnels (le droit à un procès contradictoire, pour ne citer que lui) sans tenir compte des recommandations du parlement européen ou certains organes indépendants.

Mais, ça a été voté, ton truc ?


En fait, oui et non. D'où le furet. En fait ça a d'abord été adopté au sénat, fin octobre, puis le texte est parti en examen à l'Assemblée, le 12 mars.  Le 2 avril, l'assemblée l'adoptait en première lecture. C'était fini, Hadopi était passé... Eh bien non. Finalement, le 9 avril, les députés ont rejeté le texte de la commission mixte paritaire, commission chargée de rédiger un texte de compromis entre le Sénat et l'Assemblée (un événement rarissime, qui ne s'était produit en tout et pour tout que trois fois ! ). La loi est donc en suspend, pour l'instant, mais une seconde lecture à l'assemblée est prévue pour le 29 avril.

Et donc, on fait quoi ?

Ami bloggeur, ami faiceboukeur, ami forumeur, tu sais sans doute déjà ce qu'est le blackout (Nonnon pas la chanson de Muse, même si tu as très très bon goût, m'enfin ! ). Peut-être même arbores-tu déjà le fameux bandeau/avatar noir. C'est très in, ces derniers temps. Mais j'ai envie de dire : tu penses vraiment que c'est ça, un blackout ? As-tu supprimé tes contenus, comme les sites néo-zélandais à l'époque ? Est-il impossible d'accéder à ton blog ? Non, jm'en doutais. Donc, fondamentalement, à part dire que tu participes, où est l'interêt ?
Que je me fasse bien comprendre : évidemment, il vaut mieux une image de profil noire que rien du tout. Oui, ça quand même créé un mini-buzz médiatique (encore qu'il était un peu tiède, à mon humble avis). Ce que je veux dire, c'est que ça ne suffit pas. C'est pas comme ça qu'on fait reculer un projet de loi, non didjû !
Non, au risque de sonner un peu vieu jeu - tu m'excuseras, c'est pour la bonne cause - quand on a vraiment quelque chose à dire, on décolle ses petits doigts du clavier (quoi Oo ?), on abandonne le paycay (argggh), on sort (tu veux ma mort !), et on va manifester. Avec plein d'autres gens, tu verras, c'est un peu comme une IRL qui aurait mal tourné, où on devait être 20 et on se retrouve à 10 000.
Je vais pas épiloguer là-dessus, c'est pas dans ma nature de chercher à convaincre les gens à tout prix, sache simplement, internaute un peu impliqué, que c'est le 25 avril, que pour paris c'est RDV à 13h quai d'Orsay (devant le ministère des affaires étrangères), et que moi, j'y serai.
Et pour finir, une poignée de liens supplémentaires en vrac :

le cinéma s'y met aussi
Hadopi sur wikipedia
L'express en parle
10 bonnes raisons de dire non à Hadopi


Voilà, l'internaute, maintenant tu peux retourner pounaid du monstre ou changer ton profil sur faicebouk pour la 50e fois de la journée, mais c'était quand même important de le faire.
Par Ylee - Publié dans : Vous avez dit geekette ?
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 12:09
Oui, bon, d'accord, je suis un peu en retard, mais qu'à cela ne tienne.
Qui dit printemps dit grand ménage, et ici le printemps se traduit par un petit relooking, plus frais, moins sombre, fait rien qu'avec mes petites mimines. J'ai passé pas mal de temps sur la bannière (je la trouvais un peu trop fouillis) mais finalement je pense qu'elle traduit bien ce que je voulais que ce blog soit ; un mélange entre mon côté bibliophage et mon passe-temps favori, le dessin.
Bon il manque le côté geek, c'est vrai... Mais je me rattraperai bientôt, promis.
Par Ylee
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 15:01


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Des fois je me demande comment on faisait avant internet...
Bon c'est pas top niveau dessin mais jme suis bien amusée à le faire !

PS: sans rancune chou, hein ?
Par Ylee - Publié dans : bidules en images
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 12:41

Juste comme ça, une petite heure le soir...
Par Ylee - Publié dans : bidules en images
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 14:46

En ce moment j'ai l'heure tardive

Mic-mac de lune sur le trottoir mais rien n'arrive

Le bitume des mots sans grand sens y poussent

Comme un lierre sauvage

L'air palpite

De pensées écrasées sur un rivage gris

Dehors entre les murs les fous cultivent

Des fleurs ahuries qui remplissent leurs pages

 

Il y aura toujours un réverbère noir qui m'éclabousse

Par Ylee - Publié dans : bidules en mots
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 17:03
Bouh bouh bouh au moins un million de jour que je n'ai rien posté !
Il fallait bien que je me rattrape, alors sans plus attendre la suite de la nouvelle commencée dans De retour et...
Comme vous l'avez certainement deviné vu le nom de cette article j'ai finalement arrêté un titre : N8. (ou le retour de plus bref, tu meurs)
Je n'épilogue pas, bonne lecture et n'hésitez pas à laisser votre avis...

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- Bouge-toi, Shi !

Des ombres trop grandes s’accrochent aux formes floues des objets qui jonchent le sol. La lampe torche balaie la pièce, blafarde, aveuglante ; Shi grogne et agite la main vers son interlocuteur. Elle est accroupie dans la demi obscurité, face à un amas de tôle et de fils électriques qu’elle dénude avec les dents et relie patiemment. Finalement elle se lève, déplie son corps malingre, les allumettes qui lui servent de bras et de jambes. Ça craque. Des heures qu’elle est recroquevillée dans la même position.

- Allez !

Elle lance un regard noir au petit type bedonnant mais le suit hors de la salle sans un mot, blasée. Ils zigzaguent entre les masses sombres des autres, et la seule chose qu’ils distinguent, ce sont des paires d’yeux comme des trous blancs, avec parfois le bref éclat du métal. Il n’y a pas grand’ chose à dire, du reste ; les aboyeurs, les petits désagréments, on s’y fait. Ça glisse sur elle comme de l’eau. Ça fait un bout de temps qu’il n’y a plus d’aspérité.

Dans les couloirs, le plafond est bas et les portes se ressemblent toutes. Il n’y a rien, pas un meuble, pas un bruit ni un souffle d’air. Ils sont seuls. Les douches de lumière des néons à intervalles réguliers perturbent Shi, et elle accélère le pas pour les traverser comme si ça la brûlait. C’est un feu diffus, glacé, qui lui gèle les entrailles ; les ombres, à côté, paraissent rassurantes et chaudes. Le noir protège.

L’aboyeur, comme elle aime à l’appeler, marche loin devant sans se retourner. Il porte le vêtement réglementaire et, gris ton sur ton, ça se confond par endroit avec le mur de béton. Pas de contraste, pas de vague. Shi ne distingue que sa nuque, bout de chair échappée du carcan qu’on leur impose en haut. En haut. Son estomac s’est serré à cette pensée : dans une heure, deux peut-être, elle sera à la surface.

Ils tournent à gauche, prennent un escalier pour descendre encore plus profondément dans l’underground, et aussitôt l’odeur les frappe : viciée. Plus la plongée avance et plus le changement dans l’atmosphère est sensible. Là, en bas, il règne un froid immobile, chargé de relents d’hommes et d’humidité.

L’aboyeur a réprimé un haut-le-cœur, puis rallumé sa lampe torche. Un rictus passe sur le visage de Shi ; piètre victoire que la faiblesse de l’autre. De son faisceau effaré, il balaie la misère quotidienne des sans matricules. Leur existence, il ne la connaît que par des allusions à mi-voix.

Ils sont là, partout, allongés sur le sol pour la plupart, au fin fond du ventre de la mégacité qui, lentement, les digère. La grande voûte qui les abrite ressemble à la nef d’une cathédrale – une cathédrale aux murs noirs et suintants, coupée en deux par une longue travée qui s’enfuit tout au bout par un tunnel ; et au fond, des rails. Depuis longtemps on a abandonné ces anciennes voies pour en construire de nouvelles plus profond sous terre, avec des stations plus spacieuses et moins lugubres ;et au fur et mesure qu’on descendait les sous-sols de la ville se sont transformés en éponge. Les anciennes voies, elles ne sont guère plus bonnes que pour les rats et les fantômes.

Des fantômes, c’est bien ce qu’ils sont ; plus que la misère, la maladie ou la faim, ce qu’éclaire la lampe torche ce sont ces visages que les couleurs ont fuis, blanchis par la nuit perpétuelle à laquelle ils sont condamnés et qui en a fait des spectres.

- Ils sont où ?

- Là.


Du doigt Shi les désignent à son compagnon : un homme, une femme, un petit garçon, des inconnus perdus dans la masse. Sa famille. L’aboyeur s’approche d’eux à petit pas mais tout son corps semble y aller à reculons. Il les salue en silence puis fouille maladroitement dans sa poche ; pendant ce temps la mère attire Shi vers elle dans une étreinte muette. L’autre exhibe une petite carte plastifiée.

- Elle te ressemble vraiment, Shi, s’exclame le père. Sauf…

- Ses cheveux.

- 'Man…

"'Man" caresse les cheveux de Shi, longs et bouclés, un air de résignation horrifiée sur le visage. Sa fille se laisse faire un instant encore avant de se dégager en douceur. L'aboyeur danse d'un pied sur l'autre sans lâcher des yeux la carte d'identité, un peu usée, que le père retourne dans tous les sens en regardant alternativement la photo qui y figure et sa fille qui se tient devant lui. À s'y méprendre.

C'est à prendre ou à laisser, finit par marmonner l'autre.

Combien ?

Dix mille.

A prendre ou à laisser.

Pa n'a besoin d'échanger de regard avec personne, sa décision est déjà prise. Il fouille à son tour les poches de sa veste et dégaine dix jolis billets de cent crédits. C'est plus d'argent que Sui, que Man, que tous n'ont jamais vu. Autour d'eux quelques têtes se tournent.

Aussitôt sortie la liasse a disparu dans les mains de l'aboyeur ; Shi se demande vaguement s'il ne l'a pas avalée. Un instant elle l'imagine à table, dévorant de la monnaie comme d'autres un beau rôti dégoulinant de sauce.

- Bon, allons-y...

- Fait vite, fille, dit Pa, et ils s'en vont, l'aboyeur petit et rond, la gamine fine et grandie à côté de lui, du même pas sonore qui rebondit un peu partout dans l'immense nef de pierre. Lorsqu'elle jette un coup d'oeil derrière elle Shi croit voir sa famille se tasser pour ne faire des trois silhouettes plus qu'une seule entité chaude, vivante, amie. Elle sourit. Une part d'elle voudrait rire, se moquer du pathétique de la scène pour l'étouffer à grands coups de cynisme maladroit.

Au fin fond de l'autre une grenouille croasse sa peine. Elle l'étrangle.






 
Par Ylee - Publié dans : bidules en mots
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Samedi 15 novembre 2008 6 15 /11 /Nov /2008 12:30
Un peu de neuf, ça fera pas de mal...
Avec quelques heures de boulot de plus voici où j'en suis (état précédent ici...)
C'est pas encore fini bien sur, sa main doit être éclaircie, le regard rectifié, et j'ai à peine commencé l'effet tissu.


Par Ylee - Publié dans : bidules en images
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 22:08

Hé non, je ne suis pas morte ni partie au fin fond de la cambrousse (zOMG ça existe encore des endroits sans 'ternet?!).


Du coup, il fallait bien que je me décide à pondre un nouveau billet un jour, et - corollaire important comme disait si bien un prof de math que je ne verrai plus jamais de ma vie, que la LRI soit louée pour ce suprême bienfait - qui dit billet dit contenu. Or du contenu mon bon monsieur, ça ne s'invente pas comme ça ; c'est de la sueur, du sang, des larmes, des neurones en moins sous l'effort, toussa.

Cette intro qui sent un peu le roquefort 3 ans d'âge ayant pour but de justifier un manquement aux règles les plus élémentaires du code du bon novelliste (sisisi ça se dit) : ben nan, j'ai pas trouvé de titre pour celle-là. Etant donné que ce n'est qu'un début de nouvelle en vérité (j'ai dit que je commençais beaucoup de trucs et finissais pas grand chose ?), j'ai encore le temps de trouver, je suppose. Mise à part ça, c'est la première fois que je m'essaie au récit à la première personne, et le présent n'est pas non plus ce que j'utilise le plus ; l'histoire s'y prête, et je me suis rendue compte que ça changeait totalement ma manière d'écrire.

Avis aux amateurs de nouvelles d'anticipation, c'est parti... Avis bienvenus et fortement appréciés (mais est-il besoin de le préciser ?)


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Un matin, les trottoirs sont gris.

Ou peut-être est-ce juste la brume descendue dans la basse ville, comme une couverture pelucheuse et opaque, une espèce de molleton perpétuel dans lequel baignent les pauvres hères qui vont au travail, là, en bas ; je ne sais pas, au juste. Ça s’agite, ça grouille déjà. Ça fait des petits paquets plus foncés dans la brume, pas pressés, costume noir règlementaire, on dirait des mouches. Il est presque l’heure fatidique pour les cons, celle du pointeur.  

La brume, c’est un peu comme de la fumée, au final. Alors, je m’en allume une. J’aime assez l’idée d’être là, en train de me pourrir la carcasse à coups de nicotine hors de prix, pendant qu’eux se crèvent dans une de ces usines à l’air surirradié, surchauffé, surchargé de particules de métaux qui les tueront aussi sûrement que moi, je finirai cancéreux, la gorge percée, relié à une de leurs machines diaboliques – mais moi, j’aurais choisi, au moins.

Je suis un salaud ; ouais, possible.

Je lève le nez. En haut, c’est aussi terne qu’en bas. Une pâle imitation de soleil d’automne commence à se hisser timidement par-dessus les gratte-ciel. De faux nuages qui moutonnent tranquillement dans leur coin. C’est morne, la voûte céleste, franchement. Ils devraient passer la première de temps en temps, au contrôle climatique ; au moins, ça nous ferait de l’animation. Les premiers rayons, couleur vaguement jaune pâle tendance pisseux, viennent frapper brusquement les façades couvertes de miroirs qui se dressent devant moi. Ça m’éblouit, je sursaute. Le con. J’ai lâché ma clope et elle va finir sa course quelque 700 mètres plus bas. Le con.

Je descends du petit muret qui fait le tour du toit du skyscraper, m’éloigne en plissant les yeux. Il y a encore eu une de ces nuits sans fin, brûlantes et ouatées du silence trompeur de City au-dehors, tandis que nous, on a dansé, fêté, beaucoup bu dans un delirium halluciné de couleurs, de sons et d’odeurs, délicieusement orgiaque. Nos nuits sont lumineuses, elles exacerbent tout. Les lendemains ont toujours l’air fané.

Je me suis retourné et j’ai enfoncé mes mains dans mes poches jusqu’à les déformer, puis je me suis approché du mastodonte apathique qui attendait derrière moi.

- Faites-moi le ménage en bas. Je veux tout le monde parti d’ici dix minutes.

L’homme hoche lentement la tête. Il a cligné plusieurs fois de ses petits yeux porcins avant, pour se sortir de sa torpeur. Même pas foutu d’être matinal, avec ce que je lui paye.

Note personnelle : s’assurer qu’il soit foutu à la porte avant la fin de la semaine.

- Ah ! Et il y a une fille dans ma chambre… Cristal… Christelle… Quelque chose comme ça. Offrez lui du café et mettez-la moi dehors.

Alors qu’il se retourne pour franchir les battants de verre qui séparent le toit de mon duplex, j’ai juste le temps de repérer son matricule, sur un badge au milieu de la poitrine : M78 quelque chose – les autres chiffres m’échappent ; mais qu’importe, ça suffira. J’entends les pieds de M7 résonner lourdement dans l’escalier. C’est bien, les fêtes, mais les tas de corps hagards qui ronflent à même le sol dans mon salon, moins. Comme la gosse dans mon pieu ; quel âge avait-elle, au juste, seize, dix-sept ans ? Quelque chose de ce genre. Les joues rebondies, la peau hâlée. Docile. Pas vraiment belle mais elle sentait bon, au début au moins. Je n’ai pas pris de douche, je réalise qu’il y a encore sa sueur sur moi. Répugnant.

Je suis un salaud ? Non, pas cette fois-ci. Ce n’est pas que j’ai envie de briser les cœurs des gamines, j’aime juste ma solitude. Quand on vit au milieu de 300 millions d’habitants entassés dans une mégalopole de quelques milliers de kilomètres carrés, être seul devient un luxe que peu peuvent se permettre, alors s’il y a des dommages collatéraux, tant pis.

Kirsten… Oui c’est ça, Kirsten avec un K, a-t-elle dit ; le district de Kanterbay. Ca me ramène à ces histoires de matricules. La première lettre vaut pour l’endroit de naissance, ensuite c’est la date et l’heure ; et, s’il y a plusieurs individus avec un matricule identique, une lettre aléatoire pour les différencier. Ce système a été instauré il y a une éternité maintenant pour remplacer les antiques patronymes ; et honnêtement, c’est beaucoup plus simple ainsi.

Alors pourquoi les gens persistent-ils à se choisir un prénom ? C’est barbare. Non, plus que ça, c’est régressif, un vrai refus de la modernité.     

Je n’ai pas eu besoin de faire un quelconque choix, pour ma part. Par une coïncidence étrange le début de mon matricule ressemble de lui-même à un prénom. Nate. N-8. Northern Winghings, un 8 avril. Les gens trouvent ça cool, en général, mais ça ne m’a jamais fait ni chaud ni froid.

Je suis retourné me poster sur le petit muret, face au vide ; je savoure le début de vertige qui me prend toujours. Ma solitude et une nouvelle cigarette, aussi.


Par Ylee - Publié dans : bidules en mots
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 11:13
Je me suis ENFIN décidée à relooker un peu ce blog (non parce que ça avait vraiment l'air de rien, soyons honnête).
Du coup, je découvre les joies du CSS - j'avais un peu fait de html avant, mais rien de bien folichon... Et je repique dans de vieilles créas qui trainaient pour faire un ptit style sympa. J'avance lentement mais surement - peut-être que pour noël j'aurais fini xD
Ca prend du temps, mine de rien ! J'en oublierai presque d'aller en cours (et la LRI sait que c'est pas franchement le moment).S'il y a des inspirés, je prends conseils, remarques,  et autres "cédlamarde " (enfin pas trop quand même, un peu de compassion pour moi).

Autre registre,  norme sociale overblogesque oblige (on est formatés moutonisés toussa, vivi ma bonne dame) j'ai trouvé deux trois communautés plutôt cool même que les gens ils avaient pas l'air trop méchants dedans, dont une qui proposait même un concours de nouvelles pour halloween... A suivre ! 

Par Ylee
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